L'acier
corten
Au contact des éléments extérieurs (pluie, soleil, vent…), l’acier corten développe une patine unique d’aspect rouillé qui l’auto protège et le rend particulièrement durable.
l’acier auto patinable peut s’utiliser
dans beaucoup de domaines.
La matière
L’acier auto patinable fait partie de la catégorie des aciers spéciaux. C’est une base S355 à laquelle on a ajouté des alliages comme le phosphore, le cuivre, le chrome, le nickel… pour le rendre plus résistant à la corrosion atmosphérique.
L’acier auto patinable est couramment appelé corten, dérivé de la marque COR-TEN®. Il existe des variantes génériques: S355JOW, S355JOWP, S355J2W… et d’autres marques comme INDATEN®, DIWETEN®… Ces variantes sont parfois désignées sous le terme de nuances, sans rapport avec la teinte de la patine.
En Europe, on le trouve presque exclusivement sous forme de tôles planes et pleines.
L’acier auto patinable développe spontanément, lorsqu’il est exposé à l’atmosphère extérieure, une couche superficielle d’oxyde d’aspect rouillé. Cette patine une fois stabilisée le protège de la corrosion profonde et minimise son usure dans le temps comparé à un acier ordinaire.
En raison de cette particularité, le corten doit être mis en œuvre avec soin.
En contrepartie, lorsqu’il est correctement travaillé et placé dans un environnement adapté, c’est un matériau esthétique et pérenne, qui ne demande quasiment pas d’entretien.
L’oxydation
L’oxydation du corten se développe naturellement à l’extérieur, lorsque le matériau est soumis aux conditions atmosphériques et à la météo: soleil, pluie, vent…
Le corten n’a pas besoin d’être activé, les premières traces apparaissent en quelques jours à quelques mois en fonction de l’épaisseur et du laminage des tôles et des conditions météo. Plus le temps est variable (forte alternance de périodes humides et sèches), plus l’oxydation est rapide.
Sauf mention contraire, nos tôles jusqu’à l’épaisseur 3mm incluse sont laminées à froid (LAF). Ces tôles sont décalaminées, l’oxydation commence à la première pluie.
Les tôles laminées à chaud (LAC), sont recouvertes d’une couche de carbone appelée calamine. Cette calamine doit d’abord disparaître pour que le corten puisse s’oxyder. L’usure naturelle de la calamine prend plusieurs mois durant lesquels la tôle reste grise. Il est possible de raccourcir fortement ce délai en procédant à un sablage/grenaillage des 2 faces.
Nos tôles de marque COR-TEN ® sont fabriquées selon des normes de composition chimique et de régularité de laminage très strictes.
Cette qualité facilite le façonnage et favorise une oxydation régulière du matériau lorsqu’il est correctement mis en œuvre, dans un environnement adapté.
La couleur
La couleur de l’acier corten oxydé varie du jaune/orange au brun plus ou moins profond.
Le corten fonce avec le temps et son aspect est tributaire de plusieurs facteurs : qualité de la matière mais aussi conditions météorologiques et atmosphériques.
Sa texture évolue également: la patine est d’abord superficielle puis s’incruste à la surface de la tôle pour devenir protectrice. Le corten stabilisé a un aspect « peau d’orange » texturé avec des piqures de rouille visibles.
Chaque tôle développe une patine unique. Il n’est donc pas possible de choisir une teinte ou une nuance particulière, ni en amont ni en bloquant l’oxydation au stade désiré. C’est aussi ce qui fait le charme de cette matière !
Maturité
Une tôle corten est dite à maturité lorsqu’elle ne laisse plus de trace au toucher. Indépendamment de l’aspect esthétique, le processus complet jusqu’à stabilisation peut prendre un à deux ans, parfois plus selon le laminage, l’épaisseur et les conditions extérieures.
Pour une oxydation réussie, la tôle corten doit être propre, exempte de tâches de gras ou d’humidité. On peut pratiquer quelques arrosages à l’eau ou ajouter un peu de sel ou de vinaigre blanc aux premiers arrosages. Il faut ensuite bien rincer à l’eau claire et ne pas intervenir plus que nécessaire. Le respect du cycle naturel favorise un résultat optimal.
L’acier corten ne demande pas d’entretien particulier. Il est inutile de le vernir en extérieur. C’est donc un matériau économique sur le long terme et son impact écologique est limité.
En contrepartie, il faut lui laisser le temps de s’auto protéger pour profiter pleinement de ses qualités.
Pour favoriser le développement de l’oxydation, les conditions idéales sont une alternance fréquente de périodes humides et sèches.
La pluie est nécessaire à la formation de la patine mais le corten ne doit rester mouillé ou humide en permanence.
En extérieur, nous déconseillons fortement les produits pour activer, accélérer ou stabiliser l’oxydation !
Si l’environnement est adapté, le corten évolue naturellement et se stabilise tout seul.
Aucun produit ne permet de préserver le corten d’un environnement agressif (immersion, front de mer, humidité ou pollution excessive).
Activer est inutile, le corten réagit naturellement une fois qu’il n’est plus recouvert par la calamine.
Accélérer se fait au détriment de la durabilité. Ces produits sont souvent difficiles à neutraliser, ce qui empêche la stabilisation naturelle.
Vouloir « accélérer la stabilisation » n’est pas possible: l’oxydation n’est pas due à un traitement de surface qu’on pourrait désactiver, c’est une réaction inhérente à la matière. Les « stabilisateurs » forment seulement une barrière physique entre le corten et son environnement pour bloquer le processus d’oxydation. Avec le temps la plupart de ces vernis perdent en étanchéité. Ils blanchissent, se décollent et peuvent endommager la surface du corten.
Les produits antirouille de type Rustol SONT A PROSCRIRE ABSOLUMENT ! Ils ne sont pas du tout conçus pour des aciers auto patinables.
La mise en œuvre
Le corten est une base S355 dont la dureté est légèrement supérieure aux aciers doux de type S235. Il se travaille facilement par découpe, pliage, soudage, perçage… avec les moyens adaptés, à condition d’être encore brut, non oxydé.
C’est la raison pour laquelle nos tôles sont stockées en entrepôt et livrées comme sorties d’usine soit GRISES, brutes de laminage.
L’acier auto patinable se soude uniquement à l’aide d’électrodes ou de fil à souder Mig spécifique de type corten, que nous pouvons fournir si vous le souhaitez. On peut aussi le travailler par assemblages vissés à condition de n’utiliser que de la visserie inox, car il n’existe pas de visserie de type corten.
Pour installer de l’acier corten sur des supports en acier ordinaire, il convient de bien protéger ces derniers par galvanisation pour éviter l’électrolyse.
On peut aussi concevoir des supports en acier auto patinable ou en inox.
La stagnation d’eau ou d’humidité entre les feuilles peut former des tâches sombres persistantes qui risquent de ne pas s’oxyder correctement.
Pour éviter cela, nous vous conseillons de rentrer vos tôles corten immédiatement, en particulier si elles sont laminées à froid (LAF).
Attention, nos emballages ne sont pas étanches !
Si les tôles sont partiellement oxydées, le façonnage devient plus compliqué et la découpe au laser impossible.
Cas particuliers
d'utilisation
Habillages
Lorsque l’acier corten est utilisé comme habillage, il faut impérativement prévoir un vide d’air même minime entre la tôle et son support. Pour une bonne tenue dans le temps, l’oxydation doit pouvoir se développer sur les 2 faces de la tôle.
Il convient d’étudier l’écoulement de l’eau pour éviter les tâches et les coulures.
Bacs
Pour prolonger la durée de vie de vos bacs corten, nous vous conseillons de protéger les côtés intérieurs et le fond du bac avec un matériau isolant à bulles de type Delta MS, bulles face à la tôle.
Humidité
De manière générale, l’excès d’humidité (stagnation, milieu marin, contact permanent avec la végétation…) est à éviter car cela perturbe la couche protectrice du corten, ce qui peut se traduire par un effeuillement. L’oxydation se reconstitue lorsque les conditions sont favorables, mais sa détérioration répétée entraîne une usure prématurée de la tôle.
La patine n’étant pas imperméable, le corten n’est pas un matériau adapté pour des bassins ou fontaines.
En intérieur
Bien que l’acier corten soit d’abord un matériau d’extérieur, il peut s’utiliser en intérieur sous certaines conditions.
L’oxydation de la pièce doit être finalisée avant installation car le corten en intérieur est inerte.
Dans ce cas précis, il est possible d’utiliser un brunisseur de métaux pour l’oxydation. On peut ensuite appliquer un vernis ou de la cire sur la tôle propre pour la finition.
Couverture
Le corten n’est pas adapté comme matériau de couverture car il ne se prête pas à une conception étanche.
On peut éventuellement l’envisager en sur-toiture avec une ventilation et un écoulement d’eau adapté.
Résistance à la chaleur
Le corten est dit réfractaire.
Sa résistance à la chaleur est une caractéristique intéressante pour certaines applications industrielles spécifiques et pour les revêtements de cheminée et braseros.
Milieu marin
Il faut savoir que dans un environnement proche de la mer, le sel contenu dans l’eau, les embruns et l’air est agressif pour le corten.
Il arrive que la tôle ne parvienne pas à se stabiliser et travaille en continu. Il en résulte une usure prématurée et parfois des problèmes esthétiques comme des craquelures ou des coulures.
Ce risque est difficile à estimer précisément mais par prudence, nous vous déconseillons la mise en œuvre du corten sur le front de mer.